Covid-19 : le spectacle a besoin de cohésion !


[Mis à jour le vendredi 20 mars 2020]

Organisateurs, diffuseurs, compagnies, producteurs, 

Le monde du spectacle est, comme beaucoup d’autres secteurs professionnels, extrêmement touché par la « crise » liée au coronavirus. De nombreuses initiatives à grande échelle, de la part du Ministère du Travail, d’Audiens, du Centre National de la Musique, etc, voient le jour petit à petit, quelques jours à peine après le début confinement le 14 mars dernier.

Pour autant, nombreux sont les questionnements et les inquiétudes, légitime, exprimées sur les réseaux sociaux, les forums et les mails.

En complément à l’article Intermittence et Coronavirus (Covid-19) (qui donne les « outils » mis en place à destination des intermittents, des employeurs et des organisateurs), je voudrais partager avec vous également, au-delà de ces « outils », le mouvement solidaire qui se dessine, et les « bonnes » attitudes à adopter face aux différents scénarios qui nous concernent.


Soyons en veille et patients !

Les dispositifs se construisent

Les initiatives et communications fusent de toutes parts depuis le 15 mars dernier. Il est difficile de savoir où chercher les informations et de faire le tri. Au fur et à mesure, les premières mesures arrivent, à peine quelques jours après le début du confinement ! 

La plus importante, sans doute, est celle relayée par le Ministère du Travail concernant la « neutralisation » de la période de référence des intermittents durant toute la période de confinement. Cette mesure, à l’heure actuelle, n’a été diffusée que par le biais d’un bref communiqué de presse en donnant les grandes lignes, et n’ont pas encore fait l’objet d’un décret. Aussi, il est encore trop tôt pour en faire une analyse précise et détaillée. Un flou émerge, notamment, quant à savoir si les « cachets solidaires » qui pourraient être déclarés sur cette période neutralisée seront pris en compte par Pôle Emploi.

De même, les fonds de soutien commencent à peine à fleurir. Il est fort probable que nos différents partenaires, à l’échelle nationale ou territoriale, nous informent dans les prochains jours des « aides » q’ils vont nous (organisateurs et employeurs) mettre à disposition.

Enfin, de très nombreux appels à honorer nos engagements financiers malgré les annulations (subventions à destination des organisateurs, paiement des cessions ou du moins des coûts-plateau des organisateurs aux producteurs et compagnies, paiement des cachets aux intermittents). Si/Quand cela sera possible, il me semble en effet d’intérêt collectif (par solidarité humaine et artistique) que ces engagements soient tenus, et ce avec un maximum de cohésion à l’échelle nationale. Pour autant, n’ayant pas les détails des mesures mentionnées ci-dessus, nous ne pouvons pas encore savoir si/comment cela sera possible…

Nous avons encore du temps !

Nous ne pourrons pas payer !

Il me semble donc prématuré de prendre des décisions graves telles que « Nous ne pourront pas payer/déclarer les cachets/cessions de mars ». En tant qu’employeurs, nous avons jusqu’au 5 avril minimum pour faire les déclarations de mars. Des dispositifs d’aide en faveur de nos événements annulés peuvent encore se mettre en place d’ici-là ! Il est donc de notre responsabilité, non pas de décider maintenant, mais de prévoir différents scénarios, en collaboration avec nos partenaires (organisateurs, producteurs, intermittents).

Cas de force majeure

Prématurées également, à mon sens, les décisions telles que « Nous annulons tout jusqu’au 15 juin (date prise purement au hasard, mais tombant après la période de confinement actuellement annoncée) et invoquons le cas de force majeure« . Les dates de reprise des événements ne pouvant être connus pour le moment, il est de notre responsabilité, je crois encore, de prévoir différents scénarios, en collaboration avec nos partenaires (organisateurs, producteurs, intermittents). 

De plus, comme l’indique le SYNDEAC dans une note technique très détaillée sur le cas de force majeure : 

Le cas de force majeure s’étudie au cas par cas. […]

C’est un événement qui doit être à la fois :
– imprévisible […] ;
– irrésistible, tant […] (inévitable) que […] (insurmontables) […].
L’impossibilité doit être définitive. Si l’empêchement est momentané,
l’exécution du contrat est suspendue jusqu’à l’extinction de l’empêchement ;
– extérieur, indépendant de la volonté des parties.

Et ils invitent, autant que possible, au dialogue :

Ceci dit, le dialogue est toujours préférable. il serait souhaitable que les parties se rapprochent et envisagent ensemble les modalités de traitement à l’amiable.
Dans un premier temps, on privilégiera les solutions de report.
Si cela ne s’avérait pas possible, il pourrait être correct de tenir compte des difficultés économiques du plus modeste. Par exemple, pour une compagnie accueillie, les effets de l’annulation pourraient s’avérer catastrophiques. En cas d’annulation partielle, on pourra ne pas faire simplement le prorata. Dans tous les cas, il serait bon de tenir compte des dépenses effectivement engagées. Il faut bien garder à l’esprit que certaines charges devront être obligatoirement assumées, les salaires des contrats de travail signés par exemple.

Tenons-nous BIEN informés

Pour cela, bien sûr, il faut être informés, et bien informés. Il ne s’agit pas de suivre les paniques propagées sur les réseaux sociaux notamment. Je vous invite donc à vous abonner, si ce n’est déjà fais, aux newsletters de structures référentes telles que, parmi bien d’autres, le SYNAVI, le SCC, vos agences départementales et régionales (IDDAC et OARA en Gironde et Nouvelle-Aquitaine par exemple), ou a consulter leurs sites régulièrement. La plupart ont aujourd’hui une page dédiée à la crise du Covid-19.

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